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17.04.2008

En terre étrangère

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Robert A. Heinlein
 
Stranger In A Strange Land (1961)
 
Robert Laffont, 1970 
 
 

    Élevé par des Martiens, Valentin Michaël Smith, riche héritier de pionniers de l'exploration spatiale, est un jeune homme étranger à la culture terrienne. Face aux militaires et aux politiques, un groupe (le riche et cynique avocat-écrivain-scénariste Jubal, l'infirmière Jill, le journaliste Ben) entreprend de le défendre et de l'initier à la pensée terrienne. Les trois premières parties nous montrent un humain aux pensées extraterrestres extrêmement touchant car perdu dans notre monde cruel et manipulateur.

    Dans les deux parties suivantes, écrites postérieurement à la première version, Michaël finit par voler de ses propres ailes  : à l'époque où fleurissent les sectes et se répand la publicité (occasions pour l'auteur de commentaires sarcastiques), il fonde sa propre religion. Basée sur les principes de la philosophie martienne, elle permet d'acquérir la connaissance et le contrôle de soi, la compréhension des choses, ce qui se traduit par l'obtention de pouvoirs tels que la télépathie, la disparition physique des indésirables, la lévitation des objets ou la faculté de s'enrichir facilement.

    Critique de la société capitaliste et de ses excès, visionnaire d'une société en quête de vérité qui prône une sexualité libre et partagée par tous, ce roman est devenu la bible des hippies et a obtenu le prix Hugo en 1962, après Double étoile en 56 et Étoiles, garde à vous (le controversé Starship Troopers) en 59.

    En France, la fascination pour En Terre étrangère (traduit seulement neuf ans plus tard) s'explique surtout par les qualités de conteur hors pair de Heinlein. Sinon, on est tour à tour enchanté, irrité, scandalisé par les idées généreuses, machistes, réactionnaires de l'auteur. Jubal est probablement le personnage qui exprime le mieux les positions de Heinlein, dont le cynisme masque le radicalisme de la pensée.

     Malgré tout, cet esprit libre a des accents humanistes dans ses professions de foi. La religion de l'homme de Mars ne fait que rendre à l'homme ce qui lui appartient  : en affirmant que chaque être est Dieu, il le rend responsable de son destin. Impossible, malgré les restrictions d'usage, de ne pas apprécier ce livre  : le lecteur qui aura gnoqué cela comprendra qu'il est en présence d'une réédition sinon capitale, du moins incontournable.

 

Claude Ecken

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Commentaires

Quel souvenir, cette lecture ! Merci de l'avoir ravivé.

Ecrit par : Don Lo | 20.04.2008

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