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31.12.2007
Stephen Baxter (3)
TITAN
J'AI LU Millénaires
L'analyse économique du système de la NASA, avec son refus de concevoir des modèles économiques, l'éviction de McDonnell Douglass et de son lanceur bon marché, les surcoûts induits par les menues améliorations augmentant la dangerosité des appareils, est d'une rare pertinence et pourrait être exportée vers d'autres domaines. Devançant le démantèlement de la NASA, Hadamard confie à l'astronaute Paula Benacerraf le soin de monter une mission vers Titan, en récupérant les vieilles fusées du programme Apollo mises au rebut alors qu'elles sont encore fonctionnelles ou réparables. C'est dans ce contexte de restrictions budgétaires et d'instabilité politique que s'envolent cinq aventuriers pour un voyage sans retour, davantage justifié par la possibilité de retraiter les composants de Titan en éléments nutritifs et en matériaux exportables vers la Terre que par la recherche de précurseurs de la vie dans la soupe chimique du satellite de Saturne.
Le récit, où le moindre incident se transforme en catastrophe, maintient un suspense constant. Les efforts des astronautes livrés à eux-mêmes suscitent d'autant plus l'admiration qu'ils paraissent pathétiques et voués à l'échec. La fragilité de la vie terrestre n'en devient que plus que évidente et si ce roman-catastrophe bien dans la veine anglo-saxonne s'achève par une surprenante partie laissant entrevoir un espoir, il ne conclut pas moins sur un pessimiste bilan des capacités de l'humanité à se débarrasser de ses démons et à l'aller de l'avant. Titan est, par bien des aspects, un roman de hard science d'une force rare.
14:10 Publié dans Claude Ecken | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : science-fiction, astronautique, nasa, hard science, littérature



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