08.05.2009
La Loi du Talion
Gérard Klein
Robert Laffont
Récompensé en 2006 par le Pilgrim Award pour l'ensemble de ses activités dans le domaine de la science-fiction, Gérard Klein réédite un recueil de dix nouvelles daté de 1973 et qui n'avait connu dans l'intervalle qu'une édition tronquée aux éditions J'ai lu. Mais puisque la notice introductive de l'époque invitait déjà à négliger les aspects bibliographiques pour fixer son attention sur le contenu, voyons de quoi se compose ce recueil. Hormis Ligne de partage, habile récit jouant, sur le mode fantastique, avec les univers parallèles, et de deux nouvelles antimilitaristes traitant d'immortalité, Réhabilitation et Sous les cendres, les nouvelles traitent de l'altérité sous toutes ses formes.
De jeunes rats causant des troubles au sein de la société humaine, un enfant-rat, inadapté social, mais capable de communiquer avec eux tente de trouver un terrain d'entente (Les Blousons gris). Les animaux du zoo, pour une fois, collaborent avec les humains pour faire face à une pernicieuse invasion extraterrestre (Avis aux directeurs de jardins zoologiques). Jonas est un pilote spatial aux os fins et fragiles, qui tente de soigner un vaisseau spatial biologique façonné par l'homme, devenu non seulement conscient mais incontrôlable et dangereux. Tombé amoureux d'une créature de rêve, un ambassadeur terrestre envoyé sur Kappa six a commis sans le savoir une grave faute pour le seul châtiment qui s'applique est La loi du Talion. Le besoin de connaissance de l'autre, et donc la nécessité de trouver un mode de communication sont souvent au centre de ces récits dont l'exotisme n'est jamais gratuit. Il n'est pas jusqu'à l'auteur qui se trouve ici tourmenté dans ses rêves, par ses personnages réclamant de leur créateur des destins différents (Les Créatures). Le récit le plus frappant reste encore Les Virus ne parlent pas, où un savant explique comment il a compris que nous sommes, à l'instar de la faune et de la flore, les machines plus ou moins perfectionnées de ceux qui nous ont façonnés : depuis certaines considérations génétiques ont énormément modifié la portée de ce texte.
L'intelligence et la clarté avec laquelle ces histoires sont exposées, l'humour distancié, vaguement ironique, utilisé pour développer des raisonnements aux conséquences inattendues, sont, pour l'essentiel, ce qui fait le sel et l'esprit de ce recueil de nouvelles.
Claude Ecken
11:46 Publié dans Claude Ecken | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : science-fiction, nouvelles, littérature





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