04.08.2009
La mort peut venir
Casus Belli n° 73, janvier-février 1993
Frederik Pohl
Plus de vifs que de morts
Outnumbering the dead, 1990
Denoël Présence du Futur (1992)
À travers la Grande Porte
The Gateway trip, 1990
J'ai lu SF (1992)
Avec la récente hécatombe parmi les "grands anciens" de la SF, on peut comprendre que les deux derniers livres de Frederik pohl, né la même année qu'Asimov, soient marqués du sceau de la mort. Plus de vifs que de morts se rattache nettement au courant utopique, avec son univers harmonieux, où des dizaines de miliards d'humains profitent des bienfaits d'une technologie très évoluée — et "propre". Le personnage principal, Rafiel, est l'un des rares individus mortels dans un monde où une simple opération génétique permet d'étendre indéfiniment la durée de la vie. Le roman conte ses derniers mois, son cheminement psychologique tandis que l'heure de sa disparition se rapproche inéluctablement. Un livre grave et poignant, d'où vous ne tirerez pas de scénario mais qui devrait vous toucher aussi profondément que moi, grâce à sa grande sincérité.
En comparaison, À travers la Grande Porte apparaît tout à fait fabriqué. Cinquième titre d'ne série dont le premier volume, La Grande Porte, était un pur chef-d'œuvre, et dont la qualité des suivants ne cessait de baisser, c'est un ouvrage étrange, essentiellement composé d'une histoire assez aride de ce futur — où l'on retouve les éléments utopiques de Plus de vifs que de morts — et d'une novella, "Les marchands de Vénus", qui se déroule avant le premier tome. L'intérêt littéraire est plutôt édiocre, mais la conception même de ce livre en fait un outil apréciable pour les MJ désireux d'utiliser l'univers de la Grande Porte. Frederik Pohl leur offre ici un petit manuel d'histoire future duquel, j'en suis sûr, ils feront bon usage.
11:50 Publié dans Roland C. Wagner | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : science-fiction, immortalité, futur, utopie, littérature





Joseph Altairac





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