10.11.2009
Les écrivains et le "devoir de réserve"
Exceptionnellement, ce billet n'aura aucun rapport avec la science-fiction — quoique…
Selon le Nouvel Obs, le maire UMP du Raincy, Éric Raoult, aurait déclaré :
« Monsieur Éric Raoult attire l'attention de M. le ministre de la culture et de la communication sur le devoir de réserve, dû aux lauréats du Prix Goncourt. En effet, ce prix qui est le prix littéraire français le plus prestigieux est regardé en France, mais aussi dans le monde, par de nombreux auteurs et amateurs de la littérature française. A ce titre, le message délivré par les lauréats se doit de respecter la cohésion nationale et l'image de notre pays. Les prises de position de Marie Ndiaye, Prix Goncourt 2009, qui explique dans une interview parue dans la presse, qu'elle trouve "cette France [de Sarkozy] monstrueuse", et d'ajouter "Besson, Hortefeux, tous ces gens-là, je les trouve monstrueux", sont inacceptables.
« Ces propos d'une rare violence, sont peu respectueux voire insultants, à l'égard de ministres de la République et plus encore du Chef de l'État. Il me semble que le droit d'expression, ne peut pas devenir un droit à l'insulte ou au règlement de compte personnel. Une personnalité qui défend les couleurs littéraires de la France se doit de faire preuve d'un certain respect à l'égard de nos institutions, plus de respecter le rôle et le symbole qu'elle représente. C'est pourquoi, il me paraît utile de rappeler à ces lauréats le nécessaire devoir de réserve, qui va dans le sens d'une plus grande exemplarité et responsabilité. Il lui demande donc de lui indiquer sa position sur ce dossier, et ce qu'il compte entreprendre en la matière ? »
Est-il nécessaire de commenter des propos aussi hallucinants ?
Marie NDiaye, vous avez mon soutien, et j'engage ceux qui liront ces lignes à manifester le leur — ou leur éventuel désaccord — dans les commentaires de ce billet.
Et si vous voulez entendre siffler la Marseillaise, cliquez sur le player ci-dessous.
11:27 Publié dans Roland C. Wagner | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
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Commentaires
Écrit par : Hervé | 10.11.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Coriolano | 10.11.2009
Répondre à ce commentaireMais nombre de fonctionnaires s'astreignent à respecter un devoir imaginaire.
N'est-il pas normal, puisque ce devoir n'existe pas, que des gens mûs par la passion de l'ordre (pour ne pas dire l'amour de l'autorité... ou plus), proposent que ceux qui ne sont pas soumis à ce devoir fictif, s'y soumettent?
Décidément, toutes les mauvaises fois sont possibles quand on veut faire taire ses détracteurs...
source sur la fiction du devoir de réserve: tribune d'Anicet le Pors dans le Monde, 31 janvier 2008.
Écrit par : dave feng | 10.11.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Riduidel | 10.11.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Manticore | 10.11.2009
Répondre à ce commentaireUn gouvernement réactionnaire dans toute sa splendeur qui exige que l'on se lève en chantant la Marseillaise tout en s'asseyant sur les droits de l'homme.
Et nous ne sommes qu'à la mi-mandat du petit président !
Écrit par : Fantasio | 11.11.2009
Répondre à ce commentaireLe 'devoir de réserve' s'applique à certains fonctionnaires (pas à tous), qui ne doivent s'exprimer dans le cadre de leurs fonctions qu'au nom de l'Etat. Ce n'est d'ailleurs inscrit nulle part dans les textes. L'obligation de réserve' est une forme floue dont les hiérarchies peuvent user à discrétion.
Eric Raoult en fait un devoir qui s'applique à tout citoyen, et annexe au passage le prix Goncourt.
C'est une nouvelle démonstration du peu d'importance donnée au fonctionnement de la République.
Je ne trouve pas les propos de Marie N'Diaye choquants, je pourrais en grande partie les reprendre à mon compte. Par contre, la déclaration d'Eric Raoult me révolte. La république ne lui appartient pas, pas plus qu'à son parti.
Écrit par : roussard | 12.11.2009
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