29.11.2009

Aube d'acier

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Charles Stross

Mnémos, 2006

Iron Sunrise, 2004

 

Dans le monde de Crépuscule d'Acier, la vie de l'humanité a été changée le jour où une intelligence artificielle et transtemporelle, l'Eschaton, a kidnappé une bonne partie de la population terrestre pour l'expédier coloniser nombre de systèmes stellaires... dans le passé. Ainsi, quand les humains commencent à voyager dans les étoiles, ils y trouvent des répliques, à un niveau planétaire, de diverses cultures européennes ; mais aussi un certain nombre de McWorlds, des planètes sans grand caractère qui ressemblent aux USA du XXe siècle. Mais le voyage spatial leur est possible, quitte à importer les vaisseaux. Corollaire, les guerres arrivent aussi, que les Nations Unies (privatisées, mais encore basées sur Terre) essayent d'empêcher. Et que l'Eschaton contrôle de façon beaucoup plus brutale : la violation de causalité (sortir du « cône de lumière ») est nécessaire pour le voyage ou la communication plus rapide que la lumière, mais elle est strictement encadrée, et la planète qui se risquerait à jouer avec pour produire des armes verrait son soleil exploser en supernova. C'est ce qui se produit sur Moscou, système pourtant tranquille. Il apparaît vite qu'une puissance extérieure a provoqué cette mort subite de centaines de millions de personnes, et le roman suit les itinéraires d'une poignée de personnages qui cherchent à reconstituer les faits, et à en arrêter les auteurs : Wednesday, une survivante moscovite ; Frank, un journaliste d'investigation interplanétaire ; l'agent de l'ONU, Rachel Mansour et son mari Martin Springfield, déjà rencontrés (et qui s'étaient rencontrés) dans le volume précédent (qui, soit dit en passant s'appelait en anglais Singularity Sky, sans « Iron » ; tandis que le présent titre fait référence au fer, élément chimique 56 et aboutissement des réactions de fusion stellaire, comme déclencheur de la supernova susmentionnée, et pas du tout à l'acier, alliage de fer et de carbone utilisé par l'industrie). Plus une foule de personnages secondaires intéressants.

Rachel Mansour est en retrait dans ce livre centré sur la figure adolescente de Wednesday, à la fois tragique et pleine de ressources. Et sur les retournements et les trahisons qui pimentent l'intrigue. Plus que le thriller policier auquel on pourrait s'attendre à la lecture du résumé, le roman cherche ses modèles d'ans les récits de navigation : il se déroule à bord de vaisseaux spatiaux, et, corollaire des difficultés de communication dans l'espace, les événements se jouent entre les personnages présents à bord. Stross ne manque pas d'imagination, ni de talent pour le suspense (quoique ses procédés stylistiques — ellipses délibérées pour accrocher avant d'expliquer, hyperbole verbale — finissent par montrer leurs limites). On se laisse emporter par la course-poursuite. On regrette qu'il n'ait pas creusé plus profondément les horreurs de ses Nazis de l'espace (mais il y reviendra peut-être). Si, comme moi, on adore les histoires de pirates avec une dose d'astronomie, la recette garantit le plaisir.

 

Pascal J. Thomas

Commentaires

Il me semble que la couv en illustration ne correspond pas au bouquin.

Ecrit par : Hervé | 09.12.2009

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