04.05.2008
Isolation
Greg Egan Quarantine, (1992)
Denoël "Lunes d'Encre”
Époustouflant ! Il n'y a pas d'autre mot pour qualifier ce roman exigeant, brillant, qui repose sur une stupéfiante application de la théorie quantique. Le livre est cependant ardu. Le lecteur peu au fait de la réduction du paquet d'ondes ou du principe de cohérence devra s'accrocher, mais sera récompensé par cette superbe histoire qui adapte le comportement des particules à une échelle macroscopique.
Le décor d'abord : la Bulle, sphère englobant le système solaire, masque les étoiles depuis trente trois ans. Pourquoi, comment ? Nul n'en sait rien. Les nanotechnologies ont réalisé d'énormes progrès ; il est possible de respirer des logiciels configurant le cerveau pour optimiser son fonctionnement selon le contexte (accroissement de la vigilance, effacement de la fatigue, absence de sentiment permettant des prises de décisions plus rapides, etc.). Un concept assez effrayant dans la mesure où un individu peut perdre son libre arbitre. Nick, détective privé, devient ainsi un esclave de l'Ensemble, depuis qu'on lui a injecté un mod de loyauté envers cette société. Il converse aussi régulièrement avec sa femme décédée : l'implantation de Karen dans son esprit l'empêche d'éprouver la douleur liée à sa perte.
Son enquête consistait à retrouver Laura Andrews, une attardée mentale incapable d'autonomie dont on se demande quel intérêt elle présente pour les ravisseurs. Devenu garde du corps au sein de l'Ensemble, il assiste à une expérience consistant à influencer l'orientation du spin d'ions d'argent, laquelle confirme le rôle de l'observateur dans la mécanique quantique. La réalité se dissout alors : la nature de la particule étant d'occuper plusieurs états simultanés, de s'étaler comme l'écrit si justement Egan, un observateur capable d'effectuer la réduction du paquet d'onde serait en mesure de choisir parmi les futurs possibles celui qu'il désire voir devenir réel.
Les pièces du puzzle s'ajustent progressivement : le rapport entre Laura Andrews, l'expérience de l'Ensemble, la Bulle isolant le système solaire et de lointains extraterrestres étalés, débouche sur une redoutable application du comportement de la matière, susceptible de provoquer l'étalement de l'univers.
L'auteur, lui, a su éviter de réduire son roman à un simple récit exploitant la volonté de puissance : s'il passe, dans la seconde partie du roman, à l'application pratique de ce contrôle sur la matière, il propose également une réflexion très poussée sur les conséquences de ces manipulations, sur la nature du réel et le rôle de l'observateur, et prolonge même les spéculations scientifiques par des réflexions métaphysiques aussi ébouriffantes que l'idée de base du récit.
Un roman qui mérite pleinement l'appellation de science-fiction : il ne titille pas seulement l'imaginaire, mais également l'esprit. Le sense of wonder apparaît souvent quand la raison vacille devant les concepts avancés : ici, le lecteur est servi.
13:57 Publié dans Claude Ecken | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : science-fiction, physique quantique, morale, libre arbitre, sense of wonder, greg egan
29.04.2008
Les Monades urbaines
Robert Silverberg
The World Inside (1971)
Livre de Poche SF n°7225
Fin du XXIVe siècle. 75 milliards d'habitants. Des immeubles de mille étages abritant près d'un million de personnes... Personne, pourtant, ne parle de surpopulation. Au contraire, le mot d'ordre est : « Croissez et multipliez ! »
Voici trente ans, alors que le spectre de la surpopulation générait de pessimistes avenirs, Silverberg prenait le contre-pied absolu en peignant une société qui semble n'avoir d'autre finalité que de prospérer aveuglément, conformément au message biblique.
L'organisation pratique bannit le gaspillage : tous les déchets sont recyclés, la chaleur humaine est reconvertie en énergie. Les voyages sont désormais inutiles ; la géographie, d'ailleurs, n'existe plus. La promiscuité, inévitable, génère de nouveaux comportements bannissant les conflits. La sexualité y est, par exemple, très libre. Chacun peut pénétrer la nuit dans l'appartement de son choix pour y avoir des relations sexuelles, qu'il est de bon ton de ne pas refuser. Mais derrière ce vernis de paix sociale et de bonheur individuel on trouve des personnes en proie au doute, écrasées par une organisation totalitaire qui ne perdure que par l'élimination immédiate des déviants.
00:15 Publié dans Claude Ecken | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : science-fiction, surpopulation, sexe, utopie, contre-utopie, littérature
26.04.2008
Invasions divines

Lawrence Sutin
Divine invasions : a life of Philip K. Dick (1989)
Denoël Présences (1995)
Invasions divines est sans conteste la bibliographie de Philip K. Dick qui fait autorité. Elle a d'ailleurs obtenu la même année le Grand Prix de l'Imaginaire. Toute la lumière est faite sur la personnalité torturée et, pour tout dire, invivable, de l'écrivain, en d'incessants allers et retours entre sa vie et son oeuvre. Si celle-ci ressortit clairement à la science-fiction, elle n'en a pas moins puisé son matériau dans la vie quotidienne, chaotique, de l'auteur.
10:12 Publié dans Claude Ecken | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : science-fiction, philip k. dick, biographie, littérature
23.04.2008
Le Voyage de Tchekhov

Ian Watson
Chekhov's journey (1983)
(Denoël Présence du Futur n°404)
Le voyage de Tchekhov pourrait être un simple livre didactique sur l'écrivain et la Russie du XIXe siècle, dont l'un des tours de force — et non le moindre — est d'être écrit à la manière de Tchekhov : de son style, on retrouve l'humour, la brièveté allusive, l'emploi fréquent de termes français, l'indécision des personnages, l'ambiguïté qui est à la base de leur richesse psychologique, etc. Mais l'identité Ian Watson/Anton Tchekhov ne s'arrête pas là.
Le roman se déroule sur trois plans : Mikhaïl Petrov en est le narrateur, le fil conducteur. Devant incarner Anton Tchekhov dans un film relatant son voyage en Sibérie en 1890 pour visiter les prisonniers de Sakhaline, Mikhaïl Petrov est hypnotisé par Victor Kirilenko selon une nouvelle méthode qui lui permet de « devenir » Tchekhov. Mais son récit diverge de la réalité : l'écrivain part à la recherche de la météorite de la Toungouska, qui est tombée en 1908, quatre ans après la mort de Tchekhov. Mikhaïl relate en outre l'aventure d'une mission spatiale menée par Anton Astrov, que l'échec envoie s'écraser dans le passé, en Sibérie.
Les délires de Mikhaïl semblent alimentés par les propos des scénaristes mettant le film au point, mais un brouillard très dense, vite qualifié de temporel, qui isole la maison campagnarde, semble rendre réel ce qui est dit : la Cerisaie devient, dans les œuvres complètes de Tchékhov, la Pommeraie, etc. Aucune explication avancée ne satisfait pleinement le lecteur (procédé typiquement tchekhovien : ne pas expliquer, mais donner des chocs à la sensibilité et à l'imagination du lecteur ou du spectateur, est un projet esthétique mais aussi une manière d'amener le lecteur à réfléchir, que Ian Watson reprend à son compte).
Le brouillard, c'est l'anéantissement du temps — il est impossible de se déplacer sans revenir sur ses pas, de téléphoner sinon à soi-même ou dans le passé — qui se contracte en Mikhaïl Petrov, c'est l'espace vierge, le blanchissement qui permet de récrire l'histoire, de raconter (de même, Tchekhov dans la steppe enneigée suggère : « Supposons que cette expédition dans le désert blanc fût de plein droit un roman « (p. 139.
Réflexion sur l'Histoire, Le voyage de Tchekhov montre que celle-ci n'a de réalité qu'en fonction de son interprétation, que par ce qu'elle représente pour quelqu'un (1). Les scénaristes du film veulent faire de l'expédition tchekhovienne une métaphore de la conquête de l'espace sibérien. L'Histoire peut être manipulée, récrite, parce qu'elle est une fiction : « L'histoire est une fiction, un roman. C'est un rêve dans l'esprit de l'humanité, en perpétuel devenir... un rêve tendant vers quoi ?... vers la perfection (p. 204) ».
Réflexion sur le comédien — Mikhaïl est bien la figure centrale du roman — l'acteur est celui qui échappe au temps et crée le réel (déjà, lors des répétitions de l'Ours, Tchekhov remarquait que chaque acteur jouait réellement son rôle : les amants s'embrassaient impunément sous les yeux du mari). Mikhaïl change l'histoire parce qu'il est Tchekhov, comme celui-ci est Anton Astrov, conquérant de l'espace céleste — ce nom est également celui d'un personnage d'une pièce de Tchekhov, Oncle Vania, dans lequel l'auteur reconnaît s'être beaucoup investi.
Par réversibilité, Tchekhov est Mikhaïl, ainsi que le lui annonce ce dernier dans un rêve : « Je suis en train de jouer ton rôle et toi le mien ». Le comédien est si irrévocablement lié à son rôle qu'il est impossible de les distinguer l'un de l'autre, comme fiction et réalité sont indémêlables. Le véritable paradoxe n'est pas le vaisseau spatial s'écrasant successivement en 1908 et 1888, ad infinitum, mais l'assertion aux termes permutables : toute réalité est fiction. Ainsi, s'appuyant sur l'Histoire pour écrire une fiction, les scénaristes décident de raconter le récit délirant que fait Mikhaïl. Mais à partir du moment où cet imaginaire est devenu réalité, ils se rendent compte que leur scénario original, quel qu'il soit, n'est que du cinéma-vérité. Pourtant, la seule façon de démêler la fiction de la réalité reste de raconter des histoires. Ce peut être une définition du rôle social de l'écrivain : rêver le monde pour le parfaire.
Réflexion sur la fiction romanesque, comme on l'a vu et par extension au Comédien incarnant d'autres personnes, ce qui est finalement raconté, c'est le processus d'élaboration d'une histoire. La plupart des mécanismes créatifs sont mis à jour (ceux du moins qui sont ceux de l'auteur) par l'intermédiaire de Mikhaïl construisant son récit par association d'idées, métaphores et mélanges. Comme entre les trois récits (axés autour de la triple figure Tchekhov/ Mikhaïl/Astrov) s'établissent des correspondances et des similitudes, des relations événementielles ou entre les objets que le lecteur ne peut manquer de noter, des réseaux semblables se forment dans la construction d'une fiction romanesque.
Le point de départ de ce roman pourrait bien être La formation de l'acteur de Stanislavski (2), inconditionnel de Tchekhov, qui menait un long travail sur la conscience de l'acteur tendant à l'identifier au personnage : n'est-ce pas ce que fait l'hypnotiseur Kirilenko ?
Claude Ecken
17:20 Publié dans Claude Ecken | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : science-fiction, tchekhov, cinéma, littérature
17.04.2008
En terre étrangère

Élevé par des Martiens, Valentin Michaël Smith, riche héritier de pionniers de l'exploration spatiale, est un jeune homme étranger à la culture terrienne. Face aux militaires et aux politiques, un groupe (le riche et cynique avocat-écrivain-scénariste Jubal, l'infirmière Jill, le journaliste Ben) entreprend de le défendre et de l'initier à la pensée terrienne. Les trois premières parties nous montrent un humain aux pensées extraterrestres extrêmement touchant car perdu dans notre monde cruel et manipulateur.
Dans les deux parties suivantes, écrites postérieurement à la première version, Michaël finit par voler de ses propres ailes : à l'époque où fleurissent les sectes et se répand la publicité (occasions pour l'auteur de commentaires sarcastiques), il fonde sa propre religion. Basée sur les principes de la philosophie martienne, elle permet d'acquérir la connaissance et le contrôle de soi, la compréhension des choses, ce qui se traduit par l'obtention de pouvoirs tels que la télépathie, la disparition physique des indésirables, la lévitation des objets ou la faculté de s'enrichir facilement.
Critique de la société capitaliste et de ses excès, visionnaire d'une société en quête de vérité qui prône une sexualité libre et partagée par tous, ce roman est devenu la bible des hippies et a obtenu le prix Hugo en 1962, après Double étoile en 56 et Étoiles, garde à vous (le controversé Starship Troopers) en 59.
En France, la fascination pour En Terre étrangère (traduit seulement neuf ans plus tard) s'explique surtout par les qualités de conteur hors pair de Heinlein. Sinon, on est tour à tour enchanté, irrité, scandalisé par les idées généreuses, machistes, réactionnaires de l'auteur. Jubal est probablement le personnage qui exprime le mieux les positions de Heinlein, dont le cynisme masque le radicalisme de la pensée.
17:37 Publié dans Claude Ecken | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : science-fiction, sectes, mars, sexualité, hippies, littérature
11.04.2008
Critique de la science-fiction
Jacques Goimard
Pocket Agora n°249 (2002)
Il est difficile de croire que cette figure emblématique de la science-fiction, promoteur du genre, directeur de collection, critique, préfacier et anthologiste, publie ici son premier ouvrage, tant on a l'habitude de lire sa signature, depuis quarante ans, sur des supports aussi variés que Fiction (ses débuts), Métal Hurlant (Dionnet signe la préface), Le Monde, L'Encyclopedia Universalis, « La Grande Anthologie de la Science-Fiction », L'Année de la SF, les « Livres d'Or de la SF », sans compter les contributions à des colloques, à des études et même à des fanzines.
Malgré l'épaisseur du volume et la petitesse des caractères, il était impossible d'effectuer un tour d'horizon complet (encore moins d'être exhaustif) : certains des articles consacrés à Van Vogt ou à Asimov resteront dans les Omnibus qui leur sont consacrés. D'autres, en revanche, sont désormais accessibles à ceux qui s'étaient dispensés d'acheter une énième édition des romans de Dick ou Silverberg.
Une première vue générale traite de la « génération science-fiction », qui est celle de Goimard et de tous les passionnés de science-fiction qui se réunirent à la librairie L'Atome. Après ce chapitre un rien autobiographique, l'auteur se penche sur la définition de la science-fiction, éternellement remise en question, les approches se diversifiant au fil des décennies. Quelques thèmes de la science-fiction sont ensuite abordés, de façon inégale : si l'anti-utopie, où dominent les figures d'Orwell et de Huxley, est dense, l'uchronie se résume à une courte chronique de l'ouvrage d'Eric Henriet. La typologie du public est plus intéressante, par ses aspects sociologiques, notamment quand est abordée la question de la violence en littérature et à l'écran : « La censure ne peut pas restaurer je ne sais quelle pureté originelle ; employée maladroitement, elle peut, au contraire, contribuer à cancériser la culture et à aggraver la schizophrénie ambiante. » Voilà qui est bien envoyé de la part de quelqu'un qui ne nie pas l'origine culturelle de la violence, se demandant cependant pourquoi elle est nettement plus présente à la sortie des boîtes de nuit qu'à celle des cinémas.
La partie Historique reprend les préfaces dédiées aux auteurs devenus des classiques : Heinlein, Van Vogt, Asimov, Simak, Leiber, Cordwainer Smith, Herbert, Dick et Silverberg figurent dans ce panthéon. La science-fiction française est abordée par le biais de deux anciens (Boulle et Barjavel) et deux modernes (Ruellan et Jeury).
Enfin, une troisième partie consacrée au cinéma de science-fiction, et plus particulièrement à 2001, l'odyssée de l'espace (un article de 75 pages aussi érudit que fouillé !) clôt, avant les index, cet impressionnant survol.
Certains des articles sont marqués par le temps (c'est particulièrement vrai des plus généraux), justifiant parfois le rappel de leur date de parution, mais c'est aussi ce qui fait leur intérêt car il est ainsi possible de prendre la mesure des débats de l'époque. Plus cahotante est la lecture des présentations d'auteurs, certains étant analysés sur l'ensemble de leur œuvre, éléments biographiques à l'appui, alors que d'autres ne sont abordés qu'à travers un ou deux titres. Mais ce manque d'unité est inhérent à ce type de compilation. L'éventail est suffisamment riche pour justifier l'achat de cet ouvrage, qui satisfera aussi bien les néophytes que les érudits.
Ce recueil n'est que le premier des quatre consacrés aux articles critiques de Goimard : suivront le fantastique, le merveilleux et la fantasy, puisque les genres sont d'ores et déjà annoncés. Si les avis de Jacques Goimard ont parfois été discutables, ils n'en sont pas moins dignes d'intérêt ; la somme même de ses travaux force le respect. Et, comme lui-même le rappelle au fil de ces pages, le débat reste ouvert.
16:50 Publié dans Claude Ecken | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : science-fiction, critique, philip k. dick, stanley kubrick, littérature
29.02.2008
Escales sur l'horizon
Escales sur l'horizon
anthologie réunie par Serge Lehman
Fleuve Noir (1998)
Ah, quelle belle grosse anthologie de Science-Fiction française inédite ! Klein en a rêvé, Lehman l'a fait ! Il ne s'agit pas de retirer à Ayerdhal le mérite d'avoir été le premier à publier une anthologie de ce type chez un grand éditeur (Genèses chez J'ai lu), mais ce n'était pas un grand format et elle ne se voulait pas aussi éclectique ! Pour célébrer ce renouveau, Lehman rappelle, dans une longue introduction un rien didactique, l'historique de la S-F et ce qui fait sa spécificité tout en analysant les réticences que nourrissent envers le genre les non-lecteurs. La partie concernant les causes objectives du ghetto dans lequel se retrouva la Science-Fiction française est un peu plus faible, comme d'ailleurs certaines remarques qui nourriront maints débats, mais l'essentiel est dit : la Science-Fiction française existe, elle sait être aussi passionnante que l'anglo-saxonne, la preuve en étant immédiatement donnée avec seize textes dont certains sont de courts romans.
Claude Ecken
14:05 Publié dans Claude Ecken | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : science-fiction, nouvelles, anthologie, france, littérature
27.02.2008
Marlène Dietrich et les bretelles du Père éternel
En 1924, deux archéologues américains arpentent les déserts d'Asie Centrale à la recherche d'une cité merveilleuse. A la différence de Jansen, acharné à récupérer l'Ultime Joyau, Sobaros est plus sensible aux charmes de la belle Xiren, descendante directe d'un souverain mongol du XVIIe siècle, et qui se reproduit à l'identique génération après génération. La statue qui la représente en reine des rats est convoitée par de multiples factions mais disparaît, en même temps que l'Ultime Joyau qu'elle recelait, à présent dissimulé dans une paire de bretelles que, vingt ans plus tard, un tortionnaire nazi recherche activement dans les camps de concentration...
Claude Ecken
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25.02.2008
Fugues
Lewis Shiner
Glimpses (1993)
Denoël « Lunes d'Encre »
Ce brillant roman, qui a obtenu le World Fantasy Award, n'est pas seulement remarquable par ses solides connaissances musicales : chatoyant de mille finesses, il est servi par un style à la hauteur de son sujet. Impressionnant, magique, et nostalgique, forcément.
18:55 Publié dans Claude Ecken | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : science-fiction, Doors, Beach Boys, Beatles, Jimi Hendrix, années 60, psychédélisme
22.02.2008
Les Conjurés de Florence
Paul J. McAuley
Pasquale's Angels (1994)
Gallimard Folio SF n°194
On ne peut qu'admirer, au premier abord, la reconstitution minutieuse de cette Florence du XVIe siècle, la justesse des détails concernant les mœurs de l'époque, les intrigues des puissants, qu'ils soient hommes de cour ou d'église, les techniques de fabrication des pigments et les règles de la peinture religieuse. Minutieuse ? Allons donc ! Fantaisiste plutôt puisqu'il s'agit d'une Florence parallèle où roulent des voitures à vapeur, où l'on fume des joints et où les aztèques ont développé de fructueuses relations commerciales. En fait, Paul McAuley a trouvé le juste équilibre dans son collage d'éléments historiques et de décalages spéculatifs pour donner à cette fresque uchronique les couleurs de la crédibilité et le réalisme du détail. Reconstitution minutieuse, donc, car il faut une parfaite connaissance de la période pour la remodeler de la sorte et la restituer avec cette généreuse richesse qui transparaît également dans le style.
16:35 Publié dans Claude Ecken | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : science-fiction, uchronie, Léonard de Vinci, Machiavel, Michel-Ange, roman policier, littérature


