17.06.2008
Génération Clash
G. Morris
Nestiveqnen, 1999
(Fleuve Noir, 1983)
Préface
J'ai connu G. Morris au début des années 80, à l'occasion d'une émission de radio intelligemment intitulée Vous avez dit Bigeard ? (1) Je me souviens que nous étions très impatients de l'interviewer, car nous brûlions de savoir comment un vieux Forçat de l'Underwood (2) comme lui avait pu prendre avec autant d'aisance le virage de la SF. Sa « conversion », après je ne sais combien de romans policiers et d'espionnage avait quelque chose de miraculeux à nos yeux de jeunes fans, même si certains titres de sa fameuse série Vic Saint Val flirtaient déjà ouvertement avec le genre.
D'autres auteurs maison, avant lui, s'y étaient cassé les dents et n'avaient fait que de brèves escales un tantinet forcées dans la collection Anticipation. G. Morris était l'égal de G.-J. Arnaud et de Christopher Stork, autres poids lourds du Fleuve Noir; tous trois avaient su négocier le virage avec aisance, chacun à sa manière. Arnaud entamait son immense cycle de la Compagnie des Glaces, Stork revisitait, non sans humour, les grands thèmes de la SF classique, et Morris multipliait des trilogies très différentes les unes des autres, variant le ton, l'ambiance, le propos, mais demeurant le plus souvent fidèle à une certaine thématique de critique sociale déjà présente dans ses premiers romans noirs.
La première chose qui nous a marqués, lorsqu'il est arrivé à cette fameuse émission, a été sa gentillesse. Aux questions stupides que nous lui posions, il prenait soin de donner des réponses intelligentes. Il était aussi à l'écoute de ce que nous disions, et pas seulement par politesse. Il ne nous regardait pas du haut de ses quelques deux cents romans publiés, mais se plaçait à notre niveau. La barrière invisible dont nous avions pu sentir la présence avec d'autres invités n'existait pas avec lui.
Tout ça pour vous dire que c'est un type épatant sur le plan humain et que je donnerais pas mal de choses pour être aussi modeste que lui. Et je ne le remercierai jamais assez de ses conseils éclairés, non plus que de l'enthousiasme avec lequel il a préfacé la toute première édition du Serpent d'angoisse. J'en rougis encore aujourd'hui.
Je parlais tout-à-l'heure de critique sociale. Dans l'oeuvre de G. Morris, la présente trilogie en est sans doute l'un des sommets. Dès la citation d'ouverture, le ton est donné: on a affaire à une extrapolation du conflit des générations. D'emblée, le ton est dur, réaliste, servi par une narration à la première personne du présent, façon coup-de-poing saupoudré d'argot, futuriste ou non. Il est rare que Morris fasse preuve de mollesse, mais on est étonné de trouver une telle vigueur de la part d'un vieux routier de l'écriture. À tel point que cette pugnacité, cette volonté de dénoncer une situation et ses causes n'auraient sans doute pas déparé sous la plume d'un auteur de la vague « politique » des années70 - quoique la tendance au militantisme soit ici remplacée par une vision en un sens plus humaniste.
Il y aurait aussi beaucoup à dire sur le rapport de force entre optimisme et pessimisme, qui me paraît assez différent, mais ce serait au risque de déflorer l'intrigue. Il est d'ailleurs fortement lié au fait que G. Morris est non seulement un authentique écrivain populaire, capable de pondre sept ou huit romans paran, mais aussi un digne héritier des feuilletonistes dont la technique sait être redoutable. Et, comme eux, il prête attention à son environnement pour y piocher de quoi nourrir les nombreuses pages que son rythme de travail le contraint d'écrire chaque jour ou presque.
En relisant Génération Clash, j'ai été surpris par sa violence, qui ne m'avait pas marqué à l'époque. Une violence « physique », tout droit issue de la littérature de l'action dont Vic Saint-Val était un célèbre représentant, mais aussi une violence verbale, une violence du langage lui-même, qui plonge ses racines à la fois dans l'école hard-boiled (3) — pour ses formes classiques — et dans des recettes d'inventivité linguistique propres à la SF pour la formation de néologismes. L'adéquation entre la forme et le fond est donc réalisée, et le tout s'inscrit dans la logique de l'évolution suivie par Anticipation au début des années 80. Car si l'on regarde le catalogue de la collection, on se rend compte que la part du space opera diminue et que celle des ouvrages d'inspiration hétéroclite se fait pour le moins congrue, tandis que se multiplient les oeuvres post-cataclysmiques ou situées dans un futur proche dystopique — avec dans ce dernier cas un traitement évoquant parfois le roman noir.
Or les mondes post-cataclysmiques comme les villes du XXIe siècle peuvent passer, à quelques rares exceptions près, pour des univers violents par essence. Épousant ce changement de ton — dont il était d'ailleurs l'un des instigateurs involontaires, par son emploi de techniques issues du polar — G. Morris a consacré l'entrée au Fleuve Noir d'une SF à court terme en prise sur le réel, et non fantasmée en fonction d'un passé mythifié.
Par moment, Génération Clash « sonne » comme « FiveTo One » des Doors. Cela n'a rien d'étonnant : tous deux sont des enfants du Baby boom.
Roland C. Wagner
(1) Elle passait sur Radio-Libertaire, où l'un de ses fondateurs, Yves Letort, a également animé au tournant du millénaire Bienvenue chez les maîtres du monde, pareillement consacrée à la SF.
(2) Titre de son autobiographie.
(3) G. Morris a été le premier à traduire Mickey Spillane en France.
16:00 Publié dans Roland C. Wagner | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : science-fiction, roman noir, fleuve noir, anticipation, g. morris-dumoulin, littérature, littérature populaire
20.04.2008
Sauve qui peut ! (4)
Une période de mutation




08:05 Publié dans Roland C. Wagner | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : science-fiction, anticipation, fleuve noir, space opera, louis thirion, extraterrestres, littérature
16.04.2008
Sauve qui peut ! (3)
Les limites du genre
Tout en se situant dans la droite continuation de ses prédécesseurs, Ysée-A (1970) élargit encore le cadre spatio-temporel du récit. Partant du postulat d'un univers cyclique où alterneraient phases d'expansion et de contraction, Thirion fait débuter son récit avant le Big Bang. L'empire des Tulgs est menacé par le mystérieux Glorvd. Après une fuite insensée à travers l'espace — cinq cent milliards de parsecs, une bagatelle ! —, un Tulg nommé Oen-Vur parvient sur Gmour, où l'attend Ysée-A, sa compagne. Tous deux vont dormir sur ce monde durant quelques milliards d'années, le temps que le Cosmos se contracte avant de se dilater à nouveau. Les Tulgs ayant survécu à quarante pulsations universelles, cela ne leur pose aucun problème. Quelques éons plus tard, en l'an 2370, Jord Maogan est envoyé explorer Cirva, un monde que l'on songe à terraformer. Seul problème : un sensitif-empirique a déclaré qu'il y a sur ce monde une forme de vie dotée de pouvoirs télépsychiques. Cela n'a rien d'étonnant, car Cirva n'est autre que Gmour, où dorment toujours les deux Tulgs. Ysée-A s'empare du corps de Solène, une biologiste stol, tandis que Maogan tombe sous le contrôle psychique d'Oen-Vur, qui conserve sa forme d'oeuf lumineux.
Délicieusement paranoïaque — mais on le serait à moins dans sa situation —, celui-ci craint que l'humanité ne soit contrôlée par un Tulg qui se serait réveillé avant lui ; il ne peut imaginer que sa race a disparu. Lorsque Maogan et Sloène/Ysée-A — qui est tombée en catalepsie — reviennent sur Terre, ils sont pris en charge par l'Organisation Mondiale de Sécurité Sidérale, que dirige Sedor-Slim-Helsingborg, un mutant au nom pas plus improbable que d'autres. Celui-ci ne tarde pas à découvrir des incohérences dans le rapport de l'astronaute. Confronté à Oen-Vur, qui lui propose de s'associer pour prendre le pouvoir, il refuse et tente de le détruire. Ysée-A parvient à fasciner la planète entière - sauf Jord Maogan qui, se rappellant soudain ce qui s'est passé sur Cirva, décide que le moment est venu de fuir. Pour ce faire, il s'entoure d'animaux extraterrestres indestructibles, conçus à l'origine pour servir de réceptacles aux Tulgs. « Ce qu'Oen-Vur parvenait à réussir sur un être humain — imposer sa pensée et sa personnalité — Jord Maogan pensait y parvenir sur des êtres au cerveau vierge. Se projeter à l'extérieur d'eux-mêmes était une pratique courante chez les mutants et Maogan en savait largement assez à ce propos pour réussir l'opération. » La ficelle typique de la littérature populaire, qui consiste à tirer un personnage d'une situation insensée par le biais d'une pirouette, débouche sur une scène délirante, où les animaux en question — dont l'aspect n'a rien d'humain — parlent et agissent comme Maogan. Le côté absurde de la situation finit par dérégler les robots de garde, que le commodore se fait un plaisir de détruire. Après une conversation avec l'image holographique d'Ysée-A, il s'envole jusqu'au Tibet entré en rébellion, où il ne trouve qu'un champ de ruines. Tiré d'affaire par les Nerviens, des humanoïdes refusant le joug des Tulgs, il leur sert d'appât pour attirer Oen-Vur, qui tombe dans le piège. Comprenant que la partie est perdue, Ysée-A s'endort à bord d'un vaisseau qui part pour une lointaine galaxie, où elle a rendez-vous avec son compagnon. Celui-ci s'enfuit de son côté, poursuivi par les Nerviens, qui ne sont à eux tous qu'une partie de Glorvd, le créateur des Tulgs. Quant à ces derniers, il se révèlent être des robots conçus pour le plaisir de la chasse à courre. Nous sommes bien peu de choses.
Sterga la Noire (1971) s'ouvre en prologue sur l'errance inexpliquée d'un homme sans mémoire dont le vaisseau s'est écrasé sur un monde sauvage. Aldenor 6, une planète peuplée de proscrits, est voisine de Sterga, un monde industriel appartenant au puissant consortium Mac Dewitt. Les femmes d'Aldenor venaient sur Sterga, s'y mariaient, puis entraînaient leur mari vers leur monde natal. Les trois croiseurs rapides envoyés pour régler le problème ayant disparu - ainsi que la planète elle-même, à en croire les dires des gens d'Infinite Point -, Maogan est parti pour tenter de percer le mystère, et son dernier message laisse supposer qu'il est devenu fou, ou est mort, ou les deux. Le narrateur, Stephan Drill, membre de la « promotion Dwianoukwadar » — dont le nom, une fois de plus impossible, a été choisi par Dortwich, le chef de la Force Cosmique —, part pour Sterga où il découvre la devise de la Mac Dewitt : « Tout ce qui est bon pour la société Mac Dewitt est bon pour la Confédération. » Comme il est impossible de dépasser la vitesse de la lumière au voisinage d'Aldenor 6, la traversée dure deux ans et demi. Mais sur les trois vaisseaux de l'expédition, seul le Farfadet atteint sa destination. Les deux autres sont détruits au début du voyage par de mystérieux agresseurs, eux-mêmes anéantis par un astronef que Dortwich a chargé de protéger ses hommes. Il semble que Douglas M. Bullitt, le maître de Sterga, n'ait pas envie que l'on apprenne ce qui se passe dans le système d'Aldenor. En cours de route, le Farfadet découvre l'épave d'un navire de guerre de la Mac Dewitt, ainsi que la preuve que les gens de Sterga ont massacré la population aldenorienne. Mais une étrange "chose" semble les avoir vengés. Alors qu'il pilote l'épave pour la ramener au port le plus proche, Kurt devient fou et s'éloigne au milieu d'une tempête radio-électrique. Stephan Drill est donc seul lorsqu'il aborde sur un astéroïde sinistre, Infinite Point. L'espace de quelques chapitres aux titres évocateurs, le space opera cède le pas à une curieuse ambiance mi-rêveuse, mi-désenchantée. « Et ce qui me frappa, ce fut la rose. L'homme avait une rose sur son bureau. Une seule rose ! J'ai déjà vu des fleurs de toutes sortes. Les géantes rouges de Fwor qui dévorent des tonnes de viande, les cahams de Rustrel qui s'étendent sur soixante millions d'hectares et les petites fleurs des champs qui poussent sur les toits des buildins de Svorlowsk et d'ailleurs. J'ai même vu des roses, mais une seule rose dans un vase ! Je n'avais jamais imaginé, non ! » Cloué au sol par manque de carburant, Stephan rencontre la fascinante Alioutcha, se met à boire et à faire d'étranges rêves. Il y visite une cité rose, où sa compagne lui raconte les horreurs perpétrées par la Mac Dewitt et lui révèle qu'il est un mutant envoyé sur Terre pour y recevoir son éducation. Il existe en effet sur Aldenor 6 une race ancienne d'hommes-chats qui se sont métissés avec les colons terriens. Après bien des doutes et des souffrances, Stephan finit par accomplir sa mutation. Alioutcha l'entraîne alors sur Terre — les Aldenoriens ont en effet le pouvoir de voler dans l'espace à des vitesses bien supérieures à celles de la lumiètre, bien évidemment sans scaphandre ! — pour essayer de sauver Dortwitch, lui aussi métis de Terrien et d'homme-chat. Ils échouent et celui-ci se suicide. Ils mettent alors le cap sur Sterga, où ils découvrent l'existence des terribles robots-méduses, capables de triompher des illusions qui sont la meilleure défense de leur peuple. Ils apprennent aussi que Jord Maogan, que la Mac Dewitt retenait prisonnier, s'est évadé. Le couple parvient à l'aider dans sa fuite au cours d'un combat qui tient du morceau de bravoure. Séparé d'Alioutcha, Stephan erre à travers l'espace et le temps — et retrouve Dwianoukwadar, la Cité Bleue où son peuple vivait autrefois, détruite des millions d'années plus tôt par les Dongars, ancêtres de l'humanité contemporaine. Sterga, quant à elle, sera bien entendu vaincue. Dans le rapport final de Maogan, qui clôt le roman, on apprend que la Mac Dewitt convoitait Aldenor à cause du minerai des waal, qui permet de fabriquer un explosif surpuissant : la bombe-soleil - jadis employée par les Dongars pour anéantir Dwianoukwadar.
La citation de Platon qui ouvre Le Secret d'Ipavar annonce un texte où l'illusion joue à nouveau une place importante. Ce n'est pas tout à fait le cas, même si des visions hallucinées traversent le roman. Narada et Urgalek explorent Ipavar, une planète abandonnée depuis cinquante mille ans. Séparé de sa maîtresse, Urgalek tombe sur une bande de Vengeurs dirigée par Torle. Ce dernier disparaît, comme Narada, devant une étrange porte-miroir. Les Vengeurs repoussent un assaut de la police et apprennent que Torle n'est pas humain. Il s'avère bientôt qu'il a été le dernier roi d'Ipavar et que Wincha, son épouse remplacée depuis par Narada, a décidé de les traquer où qu'ils aillent. Empruntant la porte-miroir, Urgalek et elle se retrouvent au sein d'une immense sphère tapissée de miroirs qui donnent sur une myriade d'univers parallèles. Ils essayent de nombreuses portes, avec des fortunes diverses. Il semblerait que Torle veuille devenir immortel et créer un empire qui s'étendrait sur des milliers de lignes historiques. Après diverses scènes d'action mal reliées entre elles - peut-être pour donner la sensation que les personnages tâtonnent -, Wincha et Urgalek apprennent que Torle combat les Visqueux, des "suppôts du passé", vampiresse nourrissant de la terreur humaine. La reine répudiée décide de favoriser leur victoire pour se venger de son époux et de la maîtresse de celui-ci. Utilisant la sphère, elle déchaîne la violence et la destruction sur tous les plans de réalité qui lui sont accessibles. Le roman s'achève dans la confusion la plus totale et l'on apprend, avec une certaine indifférence, qu'Urgalek n'est autre que Jord Maogan.
18:13 Publié dans Roland C. Wagner | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : science-fiction, anticipation, fleuve noir, space opera, louis thirion, extraterrestres, van vogt
10.04.2008
Sauve qui peut ! (2)
Un héros à tout faire
Comme ce portrait peut le laisser présager, et bien que Jord Maogan soit un militaire, ses aventures ne ressemblent guère à celles de ses « collègues ». Les Stols (1968), premier titre de la série, ne fait que confirmer cette impression. En 2009, l'URSS et les Etats-Unis n'ont plus guère que l'espace intersidéral pour disputer la troisième guerre atomique. Son vaisseau ayant été capturé par un mystérieux croiseur extraterrestre, le commodore Jord Maogan se retrouve sur Stol IV, autrefois capitale et aujourd'hui dernière planète habitable d'une galaxie agonisante. Les Stols, qui souffrent à divers degrés de dégénérescence - ils deviennent translucides et leurs facultés intellectuelles diminuent -, projettent d'envahir la Terre et de transférer leurs souvenirs et leur personnalité dans le corps des Terriens, préalablement "vidés" par une moisissure porteuse d'un virus neurotrope. Maogan est le seul membre de l'équipage de son vaisseau qui échappe à ce sort, grâce à Sane Mac Kinley, une Stol. Après une étrange promenade dans les entrailles de la planète mourante, il regagne la Terre, où une bonne partie de la population a été atteinte par l'épidémie de mousse verte. Les nombreuses et dynamiques scènes d'action qui s'ensuivent débouchent sur un règlement à l'amiable de la situation. Le Zdar Zwax, responsable du monstrueux plan de conquête est emprisonné, tandis que les Stols déjà transférés dans des corps humains gagnent le droit de vivre sur Terre
Les naufragés de l'Alkinoos (1969) débute en 2130 sur Alonite II, une planète-bagne sur le point d'être détruite - son soleil tutélaire va se transformer en nova. Après avoir embarqué les convicts, Maogan emploie la translation instantanée pour s'enfuir, mais l'Alkinoos, son vaisseau, réémerge dans un espace vide situé entre les amas galactiques, puis dans une galaxie inconnue. Ils y découvrent Hadès, monde dépourvu de vie bien que possédant des océans et une atmosphère respirable. Ses profondeurs abritent tout un réseau souterrain où d'étranges blocs de viande poussent sous des cloches de verre. Les bagnards ne s'étant pas gênés pour en dérober une partie, afin de varier leur ordinaire, ils ont sans le savoir mis en péril l'Empire d'Antéphaès, une super-civilisation fortement inspirée de l'Antiquité - véritable poncif de la collection. Cet Etat interstellaire est géré par le cerveau géant d'Hadès ; en prélevant des morceaux de celui-ci pour s'en nourrir, les condamnés ont déclenché des dysfonctionnements. Ce qui entraîne l'intervention de Phéax, le maître immortel d'Antéphaès, qui règne grâce à l'influence hypnotique que le cerveau sur les sujets de l'Empire. En apprenant l'existence des Terriens, Phéax décide de les soumettre en créant une annexe du cerveau dans la voie Lactée. Mais Maogan, insensible à la fascination, est libéré par Noosika, une adolescente éternelle proche de Phéax, tandis que l'un des convicts - dont l'esprit a été transféré dans un corps non-humain à la force physique considérable - tente de renverser ce dernier. Cela donne à Archos, son conseiller, l'occasion de l'assassiner, avant d'être lui-même mis hors de combat par le chef navigateur de l'Alkinoos, tout aussi avide de puissance. Pour ne rien arranger, le cerveau, libéré par la mort de Phéax a accédé à la conscience et se met en tête de gouverner à sa guise. Alors que Maogan est sur le point de la détruire, l'immense machine biologique se ravise et décide qu'il lui faut un maître - ou plutôt une maîtresse : Noosika. Le commodore est le seul passager de l'Alkinoos à regagner la Terre.
Les Whums se vengent (1969), avec son titre à éternuer si typique d'Anticipation, est certainement le premier roman de la série où Jord Maogan donne sa pleine mesure de personnage tout-terrain, aussi à l'aise dans la discussion que dans l'action. L'hôtel intergalactique Star-Hunt, qui a remplacé une station d'observation dirigée par Gregor Pawlewski, lequel a disparu, propose à ses clients de chasser les Whums, des « lucioles » n'ayant ni consistance, ni chaleur. Ces créatures étranges ne peuvent vivre que dans le vide compressible du secteur spatial dont elles sont originaires, sur lequel le potentat industriel sir Percy règne en maître absolu. Quasi simultanément, un message annonçant que les Whums vont se venger parvient à la Terre, un vaisseau disparaît inexplicablement et trois bombes à antimatière sont volées d'une façon tout aussi mystérieuse. Envoyé élucider cette affaire, Maogan soupçonne très vite que les Whums pourraient être des créatures intelligentes - ce en quoi il a tout à fait raison. Lorsque l'hôtel est victime d'une panne d'énergie, il réussit, grâce au convertisseur inventé par le savant disparu, à passer sur leur plan. En compagnie d'Elika, une chasseuse de « lucioles », il découvre que les Whums — de gros insectes vivant sur le plan neutrinique — sont tombés sous la coupe de Pawlewski, qui leur a communiqué sa haine de ses semblables. Ils sèment la pagaille sur la Terre et enlèvent sir Percy dans la prison où on l'a jeté ; il est en effet tenu responsable de la panne qui a frappé l'hôtel. Lorsque Pawlewski est la première victime du laser neutrinique capable de détruire les Whums, que les Terriens viennent de mettre au point, Maogan n'a plus qu'à regagner notre plan de réalité pour empêcher le conflit d'éclater. Elika, quant à elle, devient l'ambassadrice des Whums auprès de l'Humanité.
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08.04.2008
Sauve qui peut ! (1)


10:00 Publié dans Roland C. Wagner | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : science-fiction, anticipation, fleuve noir, littérature, space opera, stefan wul
24.02.2008
La Grande Séparation
G.-J. Arnaud
Fleuve Noir, 1971-2000
Roland C. Wagner
16:20 Publié dans Roland C. Wagner | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : science-fiction, space opera, littérature, fleuve noir, anticipation


