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29.02.2008
Escales sur l'horizon
Escales sur l'horizon
anthologie réunie par Serge Lehman
Fleuve Noir (1998)
Ah, quelle belle grosse anthologie de Science-Fiction française inédite ! Klein en a rêvé, Lehman l'a fait ! Il ne s'agit pas de retirer à Ayerdhal le mérite d'avoir été le premier à publier une anthologie de ce type chez un grand éditeur (Genèses chez J'ai lu), mais ce n'était pas un grand format et elle ne se voulait pas aussi éclectique ! Pour célébrer ce renouveau, Lehman rappelle, dans une longue introduction un rien didactique, l'historique de la S-F et ce qui fait sa spécificité tout en analysant les réticences que nourrissent envers le genre les non-lecteurs. La partie concernant les causes objectives du ghetto dans lequel se retrouva la Science-Fiction française est un peu plus faible, comme d'ailleurs certaines remarques qui nourriront maints débats, mais l'essentiel est dit : la Science-Fiction française existe, elle sait être aussi passionnante que l'anglo-saxonne, la preuve en étant immédiatement donnée avec seize textes dont certains sont de courts romans.
Claude Ecken
14:05 Publié dans Claude Ecken | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : science-fiction, nouvelles, anthologie, france, littérature
28.02.2008
Ceux de la légion
Né en 1908, Jack Williamson nous a quittés le dix novembre. Doyen de la SF anglo-saxonne, et peut-être mondiale, il avait commencé à publier à l'âge de vingt ans, et son dernier roman, The Stonehenge Gate, est paru en 2005. Oui, c'est impressionnant. En guise d'hommage, voici la postface écrite pour la récente réédition en un volume de La Légion de l'espace, Les Cométaires et Seul contre la Légion, l'un des grands cycles classiques de la science-fiction des années trente. Pour plus d'informations au sujet de ce grand auteur délaissé par les éditeurs français depuis plus de deux décennies, cette page (en anglais) est très complète.
Jack Williamson
The Legion Of Space (1934)
The Cometeers (1936)
One Against The Legion (1939)


Roland C. Wagner
16:25 Publié dans Roland C. Wagner | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : science-fiction, space opera, littérature, pulps, Jack Williamson
27.02.2008
Marlène Dietrich et les bretelles du Père éternel
En 1924, deux archéologues américains arpentent les déserts d'Asie Centrale à la recherche d'une cité merveilleuse. A la différence de Jansen, acharné à récupérer l'Ultime Joyau, Sobaros est plus sensible aux charmes de la belle Xiren, descendante directe d'un souverain mongol du XVIIe siècle, et qui se reproduit à l'identique génération après génération. La statue qui la représente en reine des rats est convoitée par de multiples factions mais disparaît, en même temps que l'Ultime Joyau qu'elle recelait, à présent dissimulé dans une paire de bretelles que, vingt ans plus tard, un tortionnaire nazi recherche activement dans les camps de concentration...
Claude Ecken
16:50 Publié dans Claude Ecken | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : science-fiction, littérature, Pierre Stolze, Marlène Dietrich
26.02.2008
Les Domaines de Koryphon
The Grey Prince (1974) Jack Vance (Le Masque SF n°87)

Roland C. Wagner
Ce roman est disponible dans l'omnibus Les Maîtres des dragons et autres aventures (Denoël Lunes d'Encre, 2004.)
17:15 Publié dans Roland C. Wagner | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : science-fiction, colonialisme, conflit, planet opera, violence, spoliation, littérature
25.02.2008
Fugues
Lewis Shiner
Glimpses (1993)
Denoël « Lunes d'Encre »
Ce brillant roman, qui a obtenu le World Fantasy Award, n'est pas seulement remarquable par ses solides connaissances musicales : chatoyant de mille finesses, il est servi par un style à la hauteur de son sujet. Impressionnant, magique, et nostalgique, forcément.
18:55 Publié dans Claude Ecken | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : science-fiction, Doors, Beach Boys, Beatles, Jimi Hendrix, années 60, psychédélisme
24.02.2008
La Grande Séparation
G.-J. Arnaud
Fleuve Noir, 1971-2000
Roland C. Wagner
16:20 Publié dans Roland C. Wagner | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : science-fiction, space opera, littérature, fleuve noir, anticipation
23.02.2008
Le Gouffre de l'absolution

Alastair Reynolds
Presse de la cité (2005)
Absolution Gap (2003)
Je ne sais plus quand j'ai commencé à comparer les livres à des ponts, mais c'est devenu, à la longue, mon image préférée.
Sylvie Denis
13:10 Publié dans Sylvie Denis | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : science-fiction, space opera, littérature, nanotechnologie
22.02.2008
Les Conjurés de Florence
Paul J. McAuley
Pasquale's Angels (1994)
Gallimard Folio SF n°194
On ne peut qu'admirer, au premier abord, la reconstitution minutieuse de cette Florence du XVIe siècle, la justesse des détails concernant les mœurs de l'époque, les intrigues des puissants, qu'ils soient hommes de cour ou d'église, les techniques de fabrication des pigments et les règles de la peinture religieuse. Minutieuse ? Allons donc ! Fantaisiste plutôt puisqu'il s'agit d'une Florence parallèle où roulent des voitures à vapeur, où l'on fume des joints et où les aztèques ont développé de fructueuses relations commerciales. En fait, Paul McAuley a trouvé le juste équilibre dans son collage d'éléments historiques et de décalages spéculatifs pour donner à cette fresque uchronique les couleurs de la crédibilité et le réalisme du détail. Reconstitution minutieuse, donc, car il faut une parfaite connaissance de la période pour la remodeler de la sorte et la restituer avec cette généreuse richesse qui transparaît également dans le style.
16:35 Publié dans Claude Ecken | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : science-fiction, uchronie, Léonard de Vinci, Machiavel, Michel-Ange, roman policier, littérature
21.02.2008
Rêve de Fer
Norman Spinrad
Préface
« Through science and technology we will meet the aliens, and they will be us. » (Norman Spinrad — The Neuromantics.)
Né le 15 septembre 1940 à New York, Norman Spinrad n’a pas encore cinq ans lorsque l’arme nucléaire lancée par son pays détruit Hiroshima, puis Nagasaki. On peut donc considérer qu’il appartient à la génération qui a « toujours » vécu avec l’idée de la Bombe… et le souvenir des camps d’extermination nazis. Né à New York dans une famille juive, on peut supposer qu’il en a été plus marqué que ses contemporains moins directement concernés par cette tragédie.
D’un point de vue technique, statistique, le baby-boom commence en 1945, avec le retour des hommes partis à la guerre. Mais, si l’on se place sur le plan culturel, il est clair que les enfants nés entre 1940 et 1945 doivent être pris en compte, non comme des baby-boomers à part entière, mais comme les initiateurs de nombre des mouvements qui ont marqué cette génération : les Beatles, Bob Dylan, Jimi Hendrix, quatre Rolling Stones sur cinq, Angela Davis, Huey Newton, Gilbert Shelton… Si Norman Spinrad n’est donc pas un baby-boomer, il est incontestablement l’un des premiers porte-parole de cette génération, et sans doute le premier dans le domaine de la science-fiction, où il introduit notamment le rock’n’roll en 1969 dans « Le Grand Flash ».
Autour de cette date symbolique où Elvis Presley enregistre un disque pour sa maman, il ne faut pas oublier que les années 50, celles de l’adolescence de Spinrad, marquent les débuts de ce qui sera qualifié par la suite de « révolution sexuelle ». Les mouvements jugés provocants du pelvis d’Elvis participent d’une tendance plus générale, où ils côtoient les disques de musique « exotique » et de danse du ventre aux pochettes de plus en plus sexy, ainsi que les tikis, symboles phalliques hawaiiens fièrement plantés à la verticale au fond du jardin — premières audaces montrant que la société étatsunienne commençait déjà à s’extraire du carcan étouffant du puritanisme. C’est aussi au cours de cette décennie que commence à se développer l’intérêt pour les drogues psychédéliques dont l’usage se répandra largement dans les années 60. Écrire un roman censé être l’œuvre d’Adolf Hitler.
Voici ce que Alain Dorémieux écrivait en 1974 dans la défunte revue Fiction dont il était alors rédacteur en chef :
« … [Rêve de fer] est une parodie énorme, à la fois délirante et logique, de toute l’heroic fantasy, de tout ce qu’elle contient de fascisme larvaire, de pulsions guerrières, d’images nietzschéennes du surhomme et de la race dominatrice. Autrement dit, dans cet univers où l’hégémonie nazie n’a pas eu lieu, Hitler rêve sur le plan du fantasme l’accomplissement symbolique du nazisme et le projette dans le domaine littéraire de manière pathologique. »Une parodie, oui. Mais une parodie noire, et d’une violence qui dépasse tout ce que Norman Spinrad a pu écrire auparavant. Le fameux « Et on s’amuse, et on rigole » des Hommes dans la jungle fait place à un implicite « Et on ne s’amuse pas, et on ne rigole pas ». Rêve de Fer ne fait pas rire, pas même sourire, mais plutôt grincer des dents. Quand au roman dans le roman, monstrueuse métaphore d’une histoire — la nôtre — qui n’a pas eu lieu là-bas, il n’est que haine (2), sang et mort.
S’il n’y a pas de scènes de sexe explicites, le livre abonde en scènes de sexe implicites. Pour un œil aiguisé et averti, Le Seigneur du svastika fait figure d’immense partouze homosexuelle où une sexualité refoulée s’exprime à travers la violence extrême des protagonistes. C’est dans le combat que Feric Jaggar et ses hommes trouvent leur plaisir, et non dans l’union charnelle avec une femme, exclusivement destinée à la reproduction. Ce point et bien d’autres sont détaillés dans la « postface », qui constitue en fait la véritable chute de Rêve de fer en nous donnant un aperçu du monde uchronique où a été écrit Le Seigneur du Svastika. Sans doute rédigée pour éviter toute interprétation tendancieuse de ce livre, cette analyse du roman débouche, à nos yeux de lecteurs de notre univers, sur une véritable interprétation psychanalytique du nazisme — au cas où certains, lisant Le Seigneur du Svastika au premier degré, auraient manqué l’évidence exprimée par d’innombrables indices dans le corps du roman.
Il s’est pourtant trouvé dans les années 90 au moins un « journaliste » pour accuser Rêve de fer de « révisionnisme » ; apparemment, l’inculture, voire l’illettrisme n’empêchent pas d’écrire n’importe quoi dans un grand hebdomadaire national. En effet, comment une histoire alternative pourrait-elle être révisionniste ? C’est un pur non-sens. (On notera d’ailleurs au passage que les négationnistes ne trouveront aucun grain à moudre dans Le Seigneur du Svastika : non seulement le génocide n’y est pas nié, mais « Hitler » s’en fait l’apologue au nom de la pureté de la race.) Rêve de fer a été rédigé au début des années 70, à une époque où le souvenir de la Deuxième Guerre mondiale et des camps d’extermination était encore assez présent pour que nul n’éprouve le besoin de rappeler le «devoir de mémoire ». Ce livre procède de la même logique que celle qui, quelques années plus tard, a poussé les punks à porter des insignes nazis — par dérision (2). Un processus de démythification du nazisme avait alors commencé, avec une volonté de le réduire à néant, en le privant notamment de sa symbolique, soit en la détournant — tout comme les nazis ont détourné la svastika — soit en la pulvérisant par le biais de l’analyse psychanalytique. Les punks ont choisi la première voie, mais leur démarche, mal comprise, a débouché sur l’interdiction des emblèmes nazis — interdiction qui en a bien évidemment renforcé le sens et la valeur aux yeux des nostalgiques de la Shoah.
En choisissant de recourir à l’analyse dans le cadre d’une farce dont la noirceur n’est plus à démontrer, Norman Spinrad s’est prémuni contre toute réinterprétation abusive de son œuvre, contre toute récupération du Seigneur du Svastika par les « fans » de son « auteur ». Alors que le port d’insignes nazis était lourdement chargé d’ambiguïté, il n’y en a aucune dans Rêve de fer. La signification du livre est claire. (1) Bien évidemment raciale : il suffit de compter le nombre d’occurences des termes pur/pureté/purhomme et gènes/génétique, qui, seuls ou en association, jouent le rôle de principaux Leitmotive.
(2) Le mouvement punk, qui se caractérisait par une absence d’idéologie, à l’exception du fameux « No Future ! », de même que les Redskins, de gauche comme leur nom l’indique, ne doivent pas être confondus avec les skinheads racistes et fascistes mis en avant par les médias.
18:00 Publié dans Roland C. Wagner | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : science-fiction, uchronie, rock, Hitler, nazisme, humour, littérature
20.02.2008
Ventus
Karl Schroeder
Ventus (2000)
Denoël “Lunes d'Encre" (2000)
Voici donc le premier roman de Schroeder à être traduit et publié en France — alors qu'il s'agit en fait du second roman de l'auteur, le premier, Claus effect, ayant été coécrit avec David Nickle. Gageons que ce ne sera pas le dernier, car cet auteur canadien, que les lecteurs de Bifrost ont découvert dans le n° 26, nous livre ici ce qui ressemble fort à un chef-d'œuvre, en dépit de défauts formels.


