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culture science fiction

  • Brummstein de Peter Adolphsen

    Brummstein.JPGCela commence comme un traité scientifique rappelant l’histoire géologique du globe terrestre, voire l’histoire de cette histoire avec ses tâtonnements, ses erreurs et ses certitudes toujours provisoires. Simple mise en condition : peu à peu, le romanesque prend le pas, touchant à des faits plus récents, à mesure que le récit pénètre dans les « Grottes de Muotatal (Höll Loch) », en Suisse ; pénétration non dénuée de détails et de justifications scientifiques, certes, mais qui nous mène, avec Joseph Siedler, à la « porte de l’Enfer », aux confins du fantastique.

    C’est au plus profond de ces cavernes que Joseph découvre, il y a une centaine d’années, une roche bourdonnante, dont les vibrations sont telles qu’elles provoquent une surdité momentanée suivie de sifflements sur « quatre tonalités ». En ayant prélevé un fragment, Joseph le conservera précieusement jusqu’à sa mort. Alors commence le périple de la « pierre qui vibre » (« Brummstein »), selon l’itinéraire qu’elle suit de main en main, de mort en mort, d’héritiers en acquéreurs, dans le temps (le XXeme siècle) et dans l’espace (la Suisse et l’Allemagne).

    Petit objet minéral et cependant comme vivant, issu de bouleversements telluriques échelonnés sur des milliards d’années, cette pierre voyageuse illustre les relations que les hommes entretiennent avec leur environnement : existence individuelle et sociale figurant une infime fraction de seconde sur « l’échelle métaphorique représentant l’âge de la terre par une année civile » ; autant dire rien, et pourtant, entre la « porte de l’Enfer » et les immensités de l’univers, la vie humaine est bien là, avec ses utopies politiques, ses velléités artistiques, sa mémoire et ses oublis, ses querelles et ses apaisements… Peter Adolphsen, avec une distance quasiment ironique, selon une esthétique de la densité et de la parcimonie (que la traduction précise et la belle présentation de l’éditeur mettent en valeur), concentre et résume dans ce bref roman les tenants et les aboutissants des destinées humaines.

    Brummstein  de Peter Adolphsen, Gaïa, 2005  traduit du danois par Inès Jorgensen

  • Mail Tome 1 d'Housui Yamazaki

    mail.JPGHousui Yamazaki revient avec une nouvelle série qui, derrière cette couverture laide comme tout, cache une efficacité redoutable. Sur le modèle des ‘Conte de la crypte’, ces comics horrifiques des années 1950 dessinés par Jack Davis & co, ‘Mail’ enchaîne les petites histoire sanglantes et fantastiques, dans un univers de revenants proche de la vague d’horreur du cinéma japonais actuel.

    Si Yamazaki est bien loin d’avoir le talent de l’inquiétant Kazuichi Hanawa ou de ce détraqué d’Hideshi Hino, qui ont commis parmi les meilleurs mangas d’horreur, son intérêt se trouve ailleurs. Ses récits courts sont bien construits, haletants, distillant un suspense et une pointe d’angoisse très agréables. Maisons hantées, fantômes errants ou esprits vengeurs se croisent dans des intrigues bien construites, qui parviennent sans mal à happer le lecteur.

    Sans être particulièrement original ni même impressionnant graphiquement - bien que quelques planches morbides sont d’une belle qualité -, ‘Mail’ est un divertissement bien mené, doucement effrayant. Pas de quoi nous tenir en haleine 30 tomes, Yamazaki risquant de vite tourner en rond, mais assurément suffisant pour nous faire passer un bon moment.

    Mail Tome 1 d'Housui Yamazaki Editeur : Pika Publication :14/3/2008 

  • Les Cavernes de la rivière rouge, De Claude Cenac

    caverne.JPGUne trilogie d’aventures préhistoriques

    Publié pour la première fois chez Magnard en 1967, ce classique des romans de la préhistoire redonne en un seul volume la trilogie des aventures de Noum et de sa famille : Dans la première partie, Les Cavernes de la rivière rouge, il commence son initiation sous la direction du Sage de la tribu de Madaï ; un tremblement de terre les isole tous les deux des autres pendant de longs mois et Noum apprivoise un loup et se bat avec les affreux Larges-pieds…
    Dans les deux parties suivantes, tous les ingrédients qui font le succès des cycles sont utilisés : le héros grandit et change (notamment dans son opinion sur les filles), les amis et ennemis reviennent (le loup et les Large-Pieds disparaissent et réapparaissent à chaque épisode, ces derniers toujours plus rusés et méchants à chaque fois, mais en vain). Les épreuves et aventures sont variées (une inondation, une éruption volcanique, la faim et le froid, un voyage vers la mer, un voyage à l’intérieur des terres…).

    Le monde des hommes qui ont décoré les cavernes du Périgord à la Préhistoire est ainsi très plaisamment visité : Noum le boiteux apprend les usages du guérisseur, les rites qui s’adressent au grand-esprit et la peinture dans la grotte sacrée. On assiste aux chasses (rennes, mammouths, bisons…) et aux pêches, on voit comment les aliments sont conservés et préparés, les vêtement et bijoux, etc. Cette tribu a cependant un comportement bien civilisé, du respect pour les anciens et pour les faibles, de l’humanité et même des velléités humanitaires à l’égard des tribus moins bien loties, sur le plan des comportements et de l’organisation sociale, la vérité historique n’est pas la plus forte.

    Mais c’est un beau roman d’aventures, qui met en valeur le courage, la patience, la solidarité et l’amour des siens, la bienveillance et le pardon, avec un bel éloge de la curiosité et du désir d’innover. Les paysages sont évoqués souvent et précisément, ainsi que la marque des saisons, les épisodes climatiques ou cataclysmiques. Enfin, l’amitié entre l’enfant et le loup, qui préfigure la domestication des animaux, attirera les jeunes lecteurs.

    Les Cavernes de la rivière rouge, De Claude Cenac  Le navire en pleine ville (sous le vent classiques), 2006