26.11.2008
La Science-fiction est-elle dangereuse pour les enfants et adolescents ?
La réponse est oui, si l'on en croit ce film "qui alerte sur les dangers potentiels d'Internet" que le secrétariat d'Etat à la Famille fera diffuser sur les principales chaines TV durant la période de Noël. Film "traduit en 12 langues et diffusé dans de nombreux pays européens, [qui] a déjà reçu deux récompenses, dont le New York festival International Advertising Awards".
Nous sommes très choqués de voir un personnage de Science-fiction mis sur le même plan qu'une bande de néo-nazis et un pédophile, alors qu'un simple G.I. contemporain aurait parfaitement convenu pour symboliser la violence aveugle.
Roland C. Wagner
Sylvie Denis
20:53 Publié dans Divers | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : science-fiction, internet, propagande
09.11.2008
Histoires de cochons et de science-fiction
Des cochons dans l'éprouvette
ou comment le goret passa de la charcuterie à la génétique
par le biais de la science et de la fiction…
Contrairement à ce qu'on pourrait croire, les animaux ont toujours fait partie du bagage thématique de la science-fiction. Mais au final d'autres sujets plus clinquants, tels que les robots, fusées, ordinateurs et autres créatures de métal, tirèrent bien mieux leur épingle du jeu. Ainsi les créatures de poil et de plume, à l'apparence plus humble, passèrent souvent inaperçues.
Pourtant, les auteurs ont toujours considéré le règne animal. Citons pour mémoire H.-G. Wells et les animaux cruellement transformés dans L'Île du Dr. Moreau, qui préfigure tout ce que la génétique permettra plus tard de leur faire subir. Songeons aussi à Cordwainer Smith et aux animaux du sous-peuple, ou à ceux de John Crowley.
Mais pour aborder notre sujet, c'est à George Orwell et à la fable politique qu'il faut revenir. Pour autant que je sache, si l'on met de côté les cochons des contes, des légendes et des dictons, le premier grand chochon littéraire est un animal politique : Napoléon, le cochon de La Ferme aux animaux. Ce dernier s'impose comme un dictateur dans ce summum de la satire féroce ; une œuvre phare mais pourtant unique, car on n'a plus jamais utilisé le cochon ainsi dans la science-fiction.
Il est vrai que le goret s'avère à géométrie plus que variable. le dictionnaire en témoigne : le verrat est un animal à la fois gastronomique, sémantique, symbolique, religieux, plastique et… scientifique. Sous ses formes dodues se dissimulent autant d'expressions populaires que de saucisses et de côtelettes : bref, non seulement tout est bon dans le cochon, mais il est bon à tout et, grâce à lui, on peu toucher aussi bien les enfants que les adultes, jeter sur la société le regard le plus sérieux qui soit ou au contraire s'embarquer dans la folie la plus débridée. On peut, si on le désire, aussi bien provoquer le rire que la peur.

Car contrairement à ce que l'on croit, le suidé n'est pas que rose. Il ne l'est pas dans la nature (ainsi que le montrait récemment (1) un numéro du magazine Ça m'intéresse, photos à l'appui) où il arbore diverses couleurs de poils. Il ne l'est surtout pas dans l'imagerie populaire.
Le cochon, en effet, dans le folklore collectif, est tout noir ou tout blanc. Impur dans l'islam, il est consommé de la queue au museau en occident, où l'on fait des festins de charcutaille. Omnivore comme l'homme, il est consommé entièrement par ce dernier — et accusé dans les contes de dévorer les enfants, qui reçoivent à leur tour des nourins en plastique ou en plâtre qu'on les invite à remplir de pièces de monnaie… Autrement dit, il est tout, ou il n'est rien. Énorme et bien en chair, on le vide. petite et en matière artificielle, on le remplit. Mais surtout, on le contrôle. Et si on veut le posséder, le maîtriser, c'est que quelque part il effraye.
Le cochon, plus que le loup, ou même l'ours, est le double de l'homme. Et s'il lui ressemble, ce n'est, hélas, pas par ses qualités, mais par ses défauts, presque aussi nombreux que les chapelets de saucisses et de jambons qu'il promet aux estomacs affamés.
Supposé sale, le porc est accusé de posséder en sus les plus bas instincts de l'homme. C'est à un certain Charles Monselet que l'on doit la phrase qui assure qu'il y a "en chaque homme un cochon qui sommeille". Traité de cochon, l'homme est méprisé — le "cochon de payant" — ou doté de traits de caractère peu prisés : trop têtu, il a "une tête" ou "un caractère de cochon", sournois, il joue "des tours de cochon", blessé sans être un héros il saigne "comme un cochon". Qui ne veut pas vous fréquenter vous signifie que "nous n'avons pas gardé les cochons ensemble". Et depuis que l'expression est apparue dans la Bible (Mathieu, 7,6), l'homme considérant que ce qu'il a dit ou produit ne sera pas apprécié à sa juste valeur parlera de "jeter des perles aux pourceaux", ou "de la confiture aux cochons". Ce qui prouve que les cochons et les hommes ont le même régime alimentaire depuis un bon bout de temps…

C'est peut-être parce qu'il nous est trop proche que le cochon n'a pas été le premier animal domestique cloné. Bien sûr, les scientifiques savent déjà comment produire plusieurs individus à partir d'un embryon, et l'expérience a déjà été tentée sur d'autres mammifères, donc, sur le cochon. Mais c'est Dolly la brebis qui a été le premier animal cloné à partir d'une cellule d'un animal adulte. D'où la satisfaction des scientifiques, ainsi que l'affolement des journalistes (toujours en manque de trucs idiots à raconter) et de certains de nos contemporains, mal renseignés, pour qui le mouton est nécessairement un animal docile, qui suit Panurge et que le loup dévore. Du coup, Dolly a suscité des visions de hordes d'humains manipulables à volonté par des dictateurs revenus d'entre les morts…
Je ne suis pas sûre que les réactions auraient été les mêmes si l'animal cloné avait été un goret. Pour le moment, on a aussi cloné, selon la même méthode, des singes — mais la presse française en a assez peu parlé — et des vaches. Le singe est encore plus proche del'homme que le cochon, et on sait que la vache s'avère aussi placide que le mouton est docile. Elle est condamnée soit à regarder passer les TGV, soit à devenir folle — d'où son peu de succès médiatique. Pour le moment, rien ne semble se passer pour le cochon.
Pourtant, c'est à lui que l'avenir biotechnologique appartient. C'est lui dont les organes sont les plus proches par la taille et la place dans le corps, des nôtres. C'est lui qu'on pourrait cloner et modifier génétiquement pour qu'il produise des organes destinés à remplacer ceux qui nous feraient défaut, cf. la nouvelle de Brian Stableford "Que peut bien vouloir Chloé ?" (in Galaxies n°6) qui n'a pu paraître dans ces pages. Ce qui a permis à son auteur de nous écrir un autre texte où l'avenir des hommes et des cochons est envisagé sous un angle des plus surprenats, où le jeu sur la langue compte autant que les spéculations d'ordre biologique. AVec Serge Lehman, nous entrons dans le domaine des mythes et des légendes. Deux autres auteurs, Esther Friesner et Roland C. Wagner, se sont attachés — si l'on peut dire — aux aspects légers du cochon. Mais avec Ian Lee, que certains d'entre vous ont peut-être déjà lu dans l'anthologie Century XXI (Encrage), Eugene Byrne et Thomas Day, c'est la technologie et ses possibilités plus ou moins effrayantes qui l'emportent.
Cette anthologie pose en fin de compte une question fondamentale : le cochon est-il l'avenir de l'homme ?
Il n'y a qu'une seule réponse : qui vivra verrat.
Sylvie Denis
(1) Cette préface a été écrite en 1998.
12:28 Publié dans Sylvie Denis | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : science-fiction, cochon, littérature
08.11.2008
Idaho Transfer
Le film ci-dessous, réalisé par Peter Fonda en 1973, étant tombé dans le domaine public, il est disponible comme quelques dizaines d'autres sur le site Internet Archives : Voyage to the Prehistoric Planet (George Edward), The Phantom Planet ou The Brain that Wouldn't Die, etc.
19:06 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, peter fonda, série b, domaine public
06.11.2008
Le Goût de l'immortalité

Catherine Dufour
Mnémos, 2005
C'est une longue lettre qu'écrit la narratrice, jamais nommée parce que peut-être innommable, à une personne qui désire la voir en chair et en os. Mais elle n'est pas « faite et refaite » comme ses semblables, qui tirent de leurs clones de quoi remplacer leurs organes défectueux : sa forme d'immortalité est bien pire et la fait ressembler au cadavre d'une adolescente. Elle en veut à sa mère, prostituée mandchoue aux cosmopolites clients, de l'avoir sauvée d'un empoisonnement au plomb en la confiant à iasmitine, la sorcière du dessus, dont l'appartement, transformé en officine ésotérique, recèle bien des mystères. Cloîtrée au 42e, à ha rebin, elle vit par procuration, à travers internet et grâce aux gens qu'elle croise. La seule personne qui lui ait manifesté un peu d'affection est une autre voisine, ainademar, polléinisatrice dont elle comprendra plus tard le sort qu'elle a subi.
Difficile de faire plus noir que ce récit aux allures de techno-thriller qui relate avec moult détails sordides une société gangrenée par la pollution, en proie à l'extrémisme vaudou, aux mains de multinationales toujours plus avides, où la génétique fait des miracles mais aussi des ravages. Réflexion sur les extrémités auxquelles on peut aller pour prolonger sa vie, ce roman est magnifié par une ironie sarcastique qui pare la froide lucidité d'un humour aussi féroce que désabusé. Les noms de ville et de personne ne méritent plus la majuscule, celle-ci revient au Vivant, à la Nature si malmenée par l'espèce humaine.
Après trois romans à l'humour ravageur (Nestiveqnen), une poignée de nouvelles où s'affirmait son talent, notamment dans Bifrost , Catherine Dufour livre ici une œuvre qui suscite l'admiration. Son écriture somptueuse (peut-être juste un peu forcée, parfois), qui cisèle des aphorismes à chaque page, donne à cette tragédie l'éclat d'un joyau. Noir.
Claude Ecken
11:57 Publié dans Claude Ecken | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : science-fiction, littérature, immortalité, dystopie
04.11.2008
La Grande Séparation
G.-J. Arnaud
Fleuve Noir, 1971-2000
Roland C. Wagner
15:35 Publié dans Roland C. Wagner | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : science-fiction, space opera, littérature, fleuve noir, anticipation





Joseph Altairac




