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culture science fiction - Page 2

  • Avis sur la nouvelle SF : Neanderthal Planet de Brian Aldiss sorti en 1969

    Neanderthal Planet de Brian Aldiss.jpg Le monde a fort changé.

    Dans ce futur proche, l'informatique a pris le dessus sur l'homme. Toute la société est régie par un réseau informatique réglant la vie dans ses moindres détails. Les hommes sont confinés dans une sorte de zoo, une prison de luxe, où ils jouissent de tout confort. Des robots s'assurent que ceux-ci y restent bien afin d'y mener la vie la plus parfaite, telle qu'elle l'a été programmée par le réseau. Cependant un jour, l'entité robotique est chargé de retrouver l'humain K.D. Anderson, un ancien écrivain, dont l'un des anciens écrits, "A Touch of Neanderthal", une intrigue d'avant l'ère nucléaire, qui dérange fortement les autorités informatiques. L'écrivain, une fois rattrapé devra être interrogé.

    Dans le roman en question, K.D. Anderson s'imagine partir enquêter sur une planète recluse, Nehru II. Des scientifiques y étaient partis pour fonder une colonie d'intelectuels. Hélas rien ne s'est déroulera comme prévu. Les hommes, une fois arrivés sur cette planète, rétrogradent psychologiquement pour se comporter comme des hommes préhistoriques. Certains redeviennent des hommes de Neandertal, pacifiques, basés sur une société proche de la nature. D'autres évoluent vers des Cro-Magnons, plus guerriers que les premiers...
    K.D. Anderson est persuadé que son histoire de science-fiction grossière n'a aucun intérêt. Mais les robots semblent y détecter autre chose, quelque chose d'essentiel à leur propre existence.

    Neanderthal Planet est une nouvelle très réussie, de la part de l'un des maîtres du genre. Deux histoires se mêlent. L'une dans un roman écrit par l'un des personnages de l'intrigue cadre de l'autre. Difficile à trouver le lien entre les deux, même si évidemment tout s'éclaircira par la fin. Les passages sur Nehru II sont particulièrement réussis. Même si l'intrigue est un peu grossière (voulu par l'auteur), le lecteur est cependant parfaitement pris par ces aventures, pleines de mystères entre réel et irréel, d'un homme redécouvrant malgré lui ses racines ancestrales au sens propre du terme. Durant toute la lecture, on a du mal à voir où Brian Aldiss veut nous mener, mais on l'y suit avec plaisir, vers un dénouement finalement parfaitement cohérent.

  • Mon avis sur ce best sellers : Le Vieil homme et la guerre, de John Scalzi

    L'histoire du  Vieil homme et la guerre 

    Le Vieil homme et la guerre, de John Scalzi.jpg A soixante-cinq ans, l'âge requis, John Perry n'est pas le seul à intégrer les Forces de défense coloniale qui engagent de nombreux vieillards pour aller se battre dans l'espace. La Terre suit en effet une politique d'expansion spatiale très agressive, et il lui faut des soldats, de nombreux soldats pour se battre contre les nombreux ennemis extra-terrestres qui n'en ont que faire de l'humanité. Mais pourquoi enrôler des vieillards ? Personne sur Terre ne le sait, car les engagés jamais ne reviennent et l'administration des Forces de défense coloniale compte bien en garder le secret.

    Pour John Perry, c'est l'occasion ultime de vivre une belle aventure, mais comme pour tous les autres il ne sait pas vers quoi il s'engage. Et sa surprise sera grande : une fois enrôlé et envoyé sur une base spatiale en orbite les scientifiques militaires lui remplacent tout simplement son corps contre un tout neuf bien plus performant. De plus ils lui intègrent une sorte de PDA intelligent dans le cerveau qui lui permet d'accéder à toute info et de communiquer avec quiconque à tout moment. Dix ans il servira dans l'armée, après, s'il survit, il pourra devenir colon sur l'une des planètes éloignées de la galaxie. L'entraînement commence, rudement, car comme on le répète tout le temps aux "jeunes" recrues, la guerre contre les ennemis de l'espace sont bien plus mortels que toutes celles connues sur Terre. John Perry trouve rapidement un goût insoupçonné pour les affaires militaires.
    Et très vite il envoyé sur les champs de bataille. mais John Perry est loin de s'imaginer encore toutes les horreurs qu'il y rencontrera...

    Critique du livre

     
    Le Vieil homme et la guerre, le premier roman de l'écrivain américain John Scalzi, a été accueilli dès sa sortie en 2005 par un bon succès critique et populaire. Dans le genre de la science-fiction militariste et du space-opera, ce roman est en effet un superbe roman dans son domaine, renouvelant largement tout ce qui a été fait auparavant dans le même domaine. Efficace et simple à la fois, le lecteur suivra avec grand plaisir l'itinéraire de John Perry, ce sexagénaire en partance pour une nouvelle vie, un nouveau corps et une nouvelle jeunesse en échange d'un engagement dans une guerre sans fin se déroulant aux quatre coins de la galaxie. Quelques questions philosophiques et éthiques viennent du fait même de l'intrigue augmenter ce roman qui s'axe vite sur l'action militaire et qui ne laissera aucun temps mort jusqu'à la fin, pour en faire un divertissement hors norme.
    Toutefois, il s'agît bien d'un premier roman non dénué de défauts, dont certaines incohérences concernant l'univers proposé, principalement dues à un manque de justifications, et un humour (pire dans la version française que dans l'originale) qui ne convainc guère. De plus, alors que tous les ingrédients sont là pour en faire un puissant texte antimilitariste, l'auteur ne semble hélas pas réussir à pousser son message jusqu'au bout.
     
    Quatre romans de John Scalzi se déroulent dans le même univers que celui de ce roman : Le Vieil homme et la guerre (Old Man's War, 2005), Les Brigades fantômes (The Ghost Brigades, 2006), La Dernière colonie (The Last Colony, 2007) et Zoé (Zoe's Tale, 2008).
     
    Le Vieil homme et la guerre est malgré de nombreux défauts un roman de science-fiction et de space-opera très efficace, haletant à souhait et non dénué de certaines réflexions éthiques et philosophiques. Ce livre est à conseiller à tous les amateurs de science-fiction d'action.

  • Suite de la lecture de : TAZ de Hakim Bey

    TAZ 2.JPGDans TAZ il y a « autonome » : dans son essai, Hakim Bey appelle, non pas à la révolution mais au soulèvement permanent (où il y aurait selon lui plus de liberté, plus d’autonomie, plus d’invisibilité) avec actions directes et temporaires. Un exemple récent parmi d’autres : en 2004 lors du A31 à New York des activistes (des « pirates urbains » diront les journalistes) partent à l’assaut des symboles du pouvoir représenté par les républicains et notamment Georges W Bush et décident de bloquer le moindre déplacement des délégués de la convention républicaine. D’autres actions d’envergure ont vu le jour ces dernières années, au Chiapas ou en Corée du Nord notamment ou encore dernièrement en Tunisie (à ce propos lire sur le site écrans le portrait de Slim Amazou, « ex-cyberdissident, figure de proue de la révolte qui a renversé le président Ben Ali en Tunisie, et qui a été propulsé secrétaire d’État à la Jeunesse et aux Sports quatre jours après sa sortie de prison au début de l’année 2011. (…) Il cite ses références. Hakim Bey et les TAZ (…) qui ont inspiré les jeunes Tunisiens lors des flashmobs, ces rassemblements éclairs diffusés sur Internet »). Pour ceux qui aimeraient découvrir d’autres TAZ, je leur conseille de visionner Fourth world war, ce documentaire (devenu culte lui aussi) dans lequel le réalisateur, Rick Rowley, est parti dans le monde entier à la recherche des TAZ qui ont réussi. Jetez également un oeil à cet article de Wikipédia qui présente le quartier autogéré de Copenhague, Christiania fondé en 1971 mais qui aujourd’hui est en train d’être récupéré par l’État.

    Des articles sur le livre d’Hakim Bey et sur les TAZ, vous en trouverez partout sur la toile et c’est assez impressionnant de voir comment ce texte (assez court d’ailleurs mais la lecture est intense) a été retourné dans tous les sens, a été servi à toutes les sauces et a servi à de nombreuses causes (nobles et moins nobles). À signaler aussi que l’émission Tracks sur Arte lui a également été consacrée en 2004 (avec jeu de piste et chasse au trésor, pirates et « invisibilité » obligent). Voilà vous êtes parés je crois.

    N’étant pas un spécialiste des TAZ ou d’Hakim Bey j’ai pu ici et là faire fausse route. Si c’était le cas n’hésitez pas à me le faire savoir. Ce billet est d’ailleurs ouvert à tous commentaires, illustrations, témoignages. Je tiens enfin à remercier toutes celles et tous ceux qui m’ont aidé à le préparer.

    Hakim Bey, TAZ Zone Autonome Temporaire, L’éclat